Avec l’adaptation de 35 kilos d’espoir, Véronique Lecharpy se met dans la peau du petit Grégoire, 13 ans. L’occasion pour la scénariste de s’inspirer de son enfance et de ses propres enfants. Portrait d’une auteure brillante qui n’aimait pas l’école.
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Avec l’adaptation de 35 kilos d’espoir, Véronique Lecharpy se met dans la peau du petit Grégoire, 13 ans. L’occasion pour la scénariste de s’inspirer de son enfance et de ses propres enfants. Portrait d’une auteure brillante qui n’aimait pas l’école.
D’où est venue l’idée d’adapter les 35 kilos d’espoir ?
Delphine Wautier m’a proposé le projet. J’ai lu le livre et l’histoire m’a tout de suite parlé, je me suis retrouvée dans le personnage de Grégoire. À son âge, je ne voyais pas l’utilité de l’école, mais ça ne m’a pas empêchée de devenir ce que je suis et d’exercer un métier passionnant.Le travail d’adaptation est-il plus difficile que l’écriture d’un scénario classique ?
Tout dépend du livre. Parfois, cela peut se révéler ardu. Mais lorsqu’un véritable univers existe au préalable, le travail en est d’autant facilité. Anna Gavalda écrit suffisamment bien pour qu’on puisse totalement entrer dans son histoire. Du moment que le roman tient la route, le reste suit naturellement. Pour 35 kilos d’espoir, je me suis concentrée sur les personnages que j’ai ensuite développés et étoffés pour donner à ce roman, destiné aux enfants, de quoi tenir 90 minutes.
Avez-vous travaillé en collaboration avec l’auteur ?
Je n’ai pas travaillé avec Anna mais je sais qu’elle est contente du résultat. Difficile de se placer du point de vue d’un enfant de 13 ans ? Pas du tout, c’est une histoire que j’ai l’impression d’avoir vécue, j’ai très vite retrouvé mon âme de petite fille. J’ai moi-même des enfants, cela m’a permis de me retrouver aussi bien dans le rôle de la mère que dans celui de Grégoire. D’une manière ou d’une autre, nous sommes tous confrontés aux problèmes de l’école. Bien sûr, on aimerait tous avoir des enfants brillants, qui se débrouillent tout seul. Mais il ne faut pas rejeter ceux qui ne sont pas faits pour le système scolaire.
Quelle élève étiez-vous ?
Petite, j’avais déjà beaucoup d’idées de métiers, mais je ne voyais pas à quoi allait me servir l’école. Mes parents voulaient absolument que j’ai le bac, ils m’ont dit : "Après, tu feras ce que tu veux". Ensuite, j’ai choisi ce qui me plaisait vraiment : une école de cinéma. J’ai commencé par la réalisation. Je m’interdisais d’écrire à cause de mes problèmes de dyslexie. Un jour, je me suis jetée à l’eau en me confrontant à l’orthographe et au regard des autres. Mes efforts ont payé !
Comment expliquez-vous l’adaptation quasi systématique des livres d’Anna Gavalda ?
Ses livres se vendent ! Adapter du Anna Gavalda, c’est un gage de succès. Certains la critiquent, taxant son écriture de simple, mais la réalité, c’est qu’elle plaît aux gens. Après, le travail d’adaptation dépend du regard que chacun peut avoir sur le livre. Il se trouve que je me sens très proche de l’univers d’Anna Gavalda, j’essaie de le transmettre aux autres à ma façon.
Avez-vous déjà vu une des adaptations de ses romans ?
Non. J’avais dévoré Ensemble c’est tout. Je n’ai, en revanche, pas voulu aller voir le film. Ça peut paraître bizarre mais je ne voulais pas être déçue. Ça, c’est mon côté scénariste avertie ! Il y a un côté très Amélie Poulain dans l’esthétique du film… Oui, nous en avons beaucoup discuté avec le réalisateur. Olivier voulait une réalisation particulière. On se comprenait bien car nous avions les mêmes idées et les mêmes références. Ça allait des films belges avec leur réalisme social, leur fantaisie, aux films de Tati. Nous avons aussi discuté ensemble du décor.
La collaboration est importante pour que chacun puisse donner ses impressions, sa vision de l’histoire. En rentrant de l’école, Grégoire laisse son cartable devant la porte d’entrée, c’est une anecdote révélatrice. Oui, ce cartable c’est le quotidien que Grégoire rejette. C’est l’expérience de parents, qui, inlassablement, doivent vérifier si les devoirs sont faits, si le cartable est rangé, la douche prise et les dents lavées. Je voulais m’adresser à l’ensemble de la famille pour que tout le monde puisse s’y retrouver.
Fiche technique
Un téléfilm de Olivier Langlois avec Gérard Rinaldi, Éléonore Pourriat, Hélène Vincent
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