Mal hivernal par excellence, la bronchite est l’une des affections pulmonaires les plus courantes et tout le monde est touché au moins une fois dans sa vie. Tendance répond aux questions les plus fréquentes sur la bronchite.
Très répandue, elle touche petits et grands, peut être aiguë ou chronique mais dans tous les cas la bronchite ne doit pas être prise à la légère.
La bronchite, c’est quoi ?
La bronchite est une irritation et une inflammation transitoire des bronches. Pour faire simple, les bronches sont les voies aériennes qui conduisent l’air de la trachée (la gorge) jusqu’aux alvéoles pulmonaires. C’est dans ces petits sacs que s’effectue le passage des gaz de l’air au sang - en particulier l’oxygène et le gaz carbonique - et réciproquement. Dans neuf cas sur dix, la bronchite est causée par un virus qui s’accroche aux parois des bronches et les infecte, provoquant une réaction de défense inflammatoire avec douleur (irritation qui fait tousser) et gonflement qui gêne la respiration. Les cellules produisent alors plus de mucus pour chasser les intrus. C’est ce surplus de mucus qui encombre les bronches et nous pousse à tousser davantage pour l’évacuer.
Pourquoi ça arrive ?
D’une manière générale, le froid et l’humidité mais aussi le tabac, la pollution atmosphérique ou professionnelle sont des terrains propices au développement de l’affection. La majorité des bronchites aiguës apparaissent après un épisode infectieux des voies respiratoires supérieures touchant le nez ou la gorge ou comme une complication de la grippe ; toutefois, elle peut aussi avoir une origine bactérienne et se développer par exemple dans un habitat humide et insalubre.
Quels sont les symptômes ?
Une bronchite se caractérise par une toux d’abord sèche et rauque et qui a tendance à brûler la poitrine. Cette phase survient assez brutalement et peut durer jusqu’à 4 jours. Elle est généralement accompagnée des symptômes d’une grippe mais en moins fort : fièvre modérée, fatigue générale, courbatures, nez qui coule, maux de tête… Arrive ensuite la phase dite « humide » avec une toux grasse et des expectorations (crachats). Normalement, ces symptômes disparaissent en quelques jours mais il arrive que la toux persiste plusieurs semaines.
Existe-t-il plusieurs types de bronchites et quelle est leur évolution?
On différencie deux types de bronchite : la bronchite aiguë et la chronique. La bronchite aiguë virale est le fait des épidémies saisonnières de rhinites, pharyngites, laryngites, grippe causées par les virus adénovirus, rhinovirus, VRS (virus respiratoire syncytial), influenzae…
Elle est bénigne et disparaît par elle-même en moins de deux semaines. Dans certains cas, la bronchite virale peut évoluer vers une expectoration purulente (épaisse, jaunâtre ou verdâtre) accompagnée d’un sifflement à chaque mouvement respiratoire.
Cependant, il arrive que la bronchite soit aussi causée par les bactéries de type mycoplasmes, chlamidiae, haemophilius influenzae. On note également ces derniers temps un retour du bordetella pertussis, le bacille de la coqueluche. On parle de bronchite chronique lorsque la toux avec expectoration s’installe chaque année pendant trois mois de suite et depuis au moins deux ans.
Elle touche particulièrement les fumeurs et peut aboutir à une insuffisance respiratoire. Pneumonie et pleurésie sont des complications plausibles mais qui restent exceptionnelles. Quant à la bronchiolite du nourrisson, redoutée par toutes les mamans,c’est une forme particulière de bronchite virale due au VRS.
Quand dois-je consulter ?
Une toux ne doit jamais être prise à la légère et nécessite, au-delà d’une semaine, une consultation médicale car elle pourrait bien cacher autre chose…
Que va faire le médecin ?
Dans un premier temps, le médecin va traiter essentiellement les symptômes avec un antipyrétique contre la fièvre, des gouttes pour déboucher le nez… La toux ne devant pas être stoppée - sauf si elle épuise le malade -, il prescrira des fluidifiants et expectorants pour favoriser l’élimination des sécrétions bronchiques. Le recours aux antibiotiques n’est utile que dans le cas d’un risque de surinfection ou d’autres maladies chroniques.
En règle générale, ces traitements associés à du repos suffisent à vous remettre sur pied en quelques jours. Pour les nourrissons ou les personnes affaiblies, le médecin pourra compléter son traitement avec de la kinésithérapie respiratoire.
Enfin, pour poser le diagnostic d’une bronchite chronique, le médecin, après avoir vérifié le passé médical du patient, peut évaluer la capacité des poumons à effectuer leur travail avec une exploration fonctionnelle respiratoire et vous demander un cliché pulmonaire pour éliminer toutes formes atypiques de pneumopathie.
Puis-je utiliser les médecines douces pour me soigner ?
En attendant de consulter, et avec la certitude qu’il n’y a pas de surinfection, vous pouvez toujours opter pour les médecines douces. Si vous êtes plutôt phytothérapie: calmez la toux en buvant plusieurs tasses par jour de thym infusé (150 ml d’eau chaude pour 1 à 2 cuillères à café de thym) ou désenflammez vos bronches en buvant trois tasses par jour de feuilles séchées de lierre grimpant infusé (150 ml d’eau bouillante pour une demi-cuillère de feuilles de lierre).
Vous êtes un(e) adepte de l’homéopathie ? En attendant de consulter, prenez 4 granules matin et soir de Ferum phoshoricum 5CH ; en cas d’expectorations très épaisses et glaireuses, prenez 4 granules en alternance d’Antimonium terrarium 5CH et de Kalium bichromicum 5CH. Vous préférez les huiles essentielles… frictionnez votre thorax 2 à 4 fois par jour avec une préparation composée de 2 à 3 g d’HE d’eucalyptus, de marjolaine, de lavande officinale, 10 g d’huile d’arnica, 10 g d’huile d‘amande douce et 10 g d’huile de tournesol.
Par voie orale, versez une goutte d’HE d’eucalyptus, de marjolaine et de lavande officinale dans un grand verre d’eau ou de jus de fruits et buvez cette « potion » 2 à 4 fois par jour au moment des repas.
Sommes-nous tous égaux devant une bronchite ?
Si elle disparaît en quelques jours chez un patient en bonne santé, certaines personnes sont plus f r a - g i l e s et demandent une surveillance plus accrue. Les asthmatiques, les nourrissons, les personnes fragiles de plus de 65 ans ou ayant une maladie chronique pulmonaire ou cardiaque, les diabétiques et les déficients immunitaires sont particulièrement vulnérables et une intervention médicale est impérative.
Suis-je contagieux(se) ?
Comme toutes les infections virales, la bronchite est contagieuse. Elle s‘attrape soit directement par un contact trop proche avec une personne atteinte (éternuement, toux…) soit indirectement par contamination des objets avec des mains mal lavées. Mieux vaut rester chez soi quelques jours et se tenir « éloigné » des proches, surtout des enfants pour ne pas contaminer toute la famille.
Puis-je éviter une bronchite?
Comme pour beaucoup d'affections virales, quelques règles hygiènes simples et de base permettent de réduire le risque : se laver les mains régulièrement (avant, après un repas, après avoir été aux toilettes…), aérer la maison, éviter de porter les mains au visage, fuir les lieux confinés… Dans tous les cas si on bout de trois semaines vous toussez toujours ou si d’autres symptômes sont apparus (sifflement, essoufflement), mieux vaut revoir votre médecin.
Article élaboré avec le Dr Jalel Ben Youssef Médecin généraliste
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