Qui n’a pas dans sa famille quelqu’un de diabétique ? Maladie ô combien sournoise, le diabète envahit effrontément notre quotidien et bouleverse la vie de bon nombre de nos concitoyens. Et, la Journée Mondiale du Diabète, célébrée le 14 novembre dernier, est là pour nous rappeler l’importance de cette maladie dans notre pays.
Véritable fléau mondial, le diabète avance en silence et n’épargne pas notre pays puisque 12 % de la population adulte y est aujourd’hui diabétique. Cette maladie insidieuse qui s’installe sans crier gare, passe souvent longtemps inaperçue et peut avoir des conséquences dramatiques. Si les traitements sont bien sûr indispensables pour prévenir les complications les plus graves, une bonne hygiène de vie permet d’en limiter les risques.
Le diabète et ses conséquences…
Le diabète est causée par une carence (insulinopénie) ou un défaut d’utilisation de l’insuline (insulino-résistance) c’est-à-dire de l’hormone qui permet au glucose dans les aliments d’être utilisé par les cellules de notre corps pour fonctionner. Si celle-ci est insuffisante ou ne remplit pas correctement son rôle, le sucre ne peut pas servir de carburant aux cellules et s’accumule dans le sang puis les urines. En l’absence d’un équilibre parfait et à long terme, des complications peuvent s’installer touchant notamment les gros vaisseaux (artères du coeur, du cerveau), les petits vaisseaux des yeux (rétine), les reins…Il existe deux types de diabète :
- le diabète de type I (anciennement appelé insulinodépendant) qui survient dès l’enfance, l’adolescence ou chez les jeunes adultes. Il se caractérise par l’absence totale de la production d’insuline et les principaux symptômes sont une soif intense, des urines abondantes et un amaigrissement rapide. Les personnes souffrant de diabète de ce type dépendent d’injections quotidiennes d’insuline pour vivre.
- le diabète de type II. Il se manifeste généralement après 40 ans et représente plus de 90 % des personnes atteintes par cette maladie. Fatigue, troubles de la vision, sensation de bouche sèche, besoin d’uriner souvent, d’avoir davantage faim ou soif, picotements dans les pieds, infections qui guérissent mal… sont les signes qui peuvent annoncer un diabète de type II. Mais dans certains cas ces signes peuvent être absents d’où l’importance de procéder à un dépistage systématique après 40 ans (analyse ou prélèvement glycémique).
Si le diabète de type I affiche un caractère héréditaire, celui de type II est incontestablement synonyme d’un comportement défaillant qui remet en question notre mode de vie.
Malbouffe, sédentarité, stress : le trio infernal
En un siècle, nos habitudes de vie ont changé pour le meilleur et le pire : Stress, sédentarité, alimentation mal équilibrée… sont autant de facteurs de risque dans le développement du diabète de type II et de complications des diabètes de type I et II. Aussi régime alimentaire équilibré, exercice physique, gestion du stress et conseils médicaux appropriés sont les quatre piliers pour prendre le contrôle du diabète.
Adopter un style de vie sain qui peut diminuer le risque d’apparition de la maladie ou en limiter les complications. Du point de vue alimentation, s’il n’existe pas à proprement parlé de « régime spécial diabétique » , une hygiène alimentaire équilibrée permet de contrôler son taux de glycémie, et de stabiliser le poids. Sachez que bien évidemment un régime sévère est contre-indiqué et qu’il est important de pouvoir manger de tout en quantité raisonnable. Effectuez 3 repas principaux équilibrés à heure régulière pour maintenir un bon équilibre de la glycémie.
Vos repas doivent respecter la proportion des différentes catégories d’aliments indispensables à votre organisme à savoir 55 % de glucides (il est indispensable de bien connaître la quantité de glucides consommée à chaque repas), 15 % de protéines, 30 % de lipides. Invités d’honneur à votre table : les plats cuisinés à la vapeur, en papillote ou grillés et assaisonnez- les de préférence au jus de citron, les légumes verts, les fruits, les féculents (pain, biscottes, pâtes, riz basmati, semoule, pomme de terre, farine, légumes secs…), les céréales complètes non raffinées telles que l’avoine ou le blé complet, le poisson à raison de 2 à 3 fois par semaine, les volailles, les huiles végétales et l’eau en quantité suffisante c’est-à-dire au moins un litre.
Un petit creux ? Un yaourt nature, un oeuf dur, un blanc de volaille, une carotte ou tomates… peuvent faire l’affaire et vous aider à tenir jusqu’à l’heure du repas. Parmi les aliments déconseillés : tous les sucres ayant un index glycémique élevé (sucre, bonbons, confiture, miel, laitage sucré, sirop, jus de fruits…), les graisses animales telles que le beurre, la crème fraiche épaisse, les viandes grasses, le fromage ou bien encore le jaune d’oeuf. Les aliments très salés type snack, les fritures, les sauces, les boissons sucrées… sont également invités à quitter votre table.
Enfin, faites attention aux aliments « sans sucre » (confiture sans sucre, produits lights…) qui parfois contiennent presque autant de sucre que d’autres produits. Si malgré tout vous avez peur de commettre des erreurs dans votre assiette, n’hésitez pas à demander conseils à votre diabétologue ou à prendre l’avis d’un nutritionniste/ diététicien. Autre pilier d’une bonne hygiène de vie, l’activité physique même si nos modes de vie aujourd’hui ne la favorisent pas.
Des études ont démontré qu’une augmentation, même légère, de l’activité physique a des effets bénéfiques sur la santé. Ainsi, 30 minutes par jour suffisent à abaisser la quantité de sucre dans le sang et permettent une meilleure utilisation de l’insuline injectée ou produite par le pancréas. Alors on saute dans ses baskets… !
Enfin, sachez que si la prévention peut également passer par des traitements médicamenteux notamment chez les personnes à risques, ceux-ci présentent des résultats généralement moins encourageants que si vous apportez des changements à vos habitudes de vie. Ainsi le vieil adage « Mieux vaut prévenir que guérir » reste le maître mot de la prise en charge du diabète. Soyez-en convaincu.
Docteur Olfa ESSAÏS BEDOUI Professeur Agrégé - Diabète-Endocrinologie-Obésité
Glycémie : c’est la concentration en glucose ou sucre du sang. Elle se mesure par un lecteur de glycémie (auto surveillance glycémique) soit en laboratoire d’analyses où on mesure la glycémie à jeun u l’HbA1c (hémoglobine glyquée)
HbA1c ou hémoglobine glyquée : elle indique en pourcentage le taux moyen de sucre (glucose) dans le sang des deux à trois derniers mois. L’objectif est d’avoir une HbA1c inférieur à 6,5 % dans le diabète de type II traité par comprimé, 7 % chez les diabétiques de type II traités par insuline et 7,5 % chez les diabétiques de type I. cependant le médecin peut décider d’objectifs plus ou moins stricts.
Hyperglycémie : Il s’agit d’un hausse de la glycémie supérieure ou égale à 1,26 g/l à jeun à au moins deux reprises.
Hypoglycémie : Il s’agit d’une baisse de la glycémie en-dessous de 0,60 g/l. Transpiration, faim, tremblements, pâleur, vision double, jambes flageolantes, picotements autour de la bouche… sont les signes les plus courants d’une hypoglycémie. Il faut alors manger du sucre faire remonter la glycémie.
Insuline : Hormone produite par le pancréas qui permet de baisser la glycémie en réduisant la production de sucre par le foie et en permettant la pénétration et l’utilisation de ce sucre, en particulier dans le foie, les tissus graisseux et musculaires.
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1 - Le diabète c’est quand on a trop de sucre dans le sang ? Vrai / Faux 2 - On parle de diabète si la glycémie (taux de sucre par litre de sang) est à deux reprises égale ou supérieur à : 0,96 g / 1,26g à jeun / 2 g à n’importe quel moment de la journée 3 - Combien de type de diabète existe-t-il ? 1 / 2 / 3 4 - Ce n’est pas très grave d’avoir du diabète ? Vrai / faux |
Réponses
1 - Vrai. Le diabète se caractérise par une hyperglycémie chronique c’est-àdire l’augmentation du taux de sucre dans le sang.
2 - Les deux dernières réponses sont bonnes. Le diabète est avéré lorsque à deux reprises la glycémie à jeun est supérieure ou égale à 1,26 g/l ou supérieure ou égale à 2g/l à n’importe quel moment de la journée.
3 - On distingue deux types de diabète : celui de type I et celui de type II (le plus fréquent)
4 - Faux. Les deux types de diabète sont des maladies différentes mais caractérisées par un excès de sucre dans le sang. Elles doivent être prises au sérieux et traitées efficacement. Il n’existe pas de « petit diabète » ou de diabète plus grave que d’autres.
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La diététique du diabète Dans ce guide, le Dr Eric Ménat présente avec simplicité et clarté tous les aspects du diabète, qu’il s’agisse de la biologie, de la physiologie ou des traitements. |
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