Quelques chose se passe ...
Mûsîqât existe depuis déjà six ans. Cette manifestation, née en 2006, fruit d’une collaboration entre le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes, Scoop organisation et leur partenaire principal, Tunisie Telecom, a su s’imposer comme un événement marquant sur la scène nationale et attire un nombre grandissant de spectateurs.
L’édition de cette année cherche, comme d’habitude, la diversité des spectacles et des cultures musicales. Elle nous fait voyager à travers divers styles de musique et nous fait vivre des sonorités venues de l’autre bout du monde.
Cependant, quelque chose se passe...
La Tunisie vit depuis quelques mois des moments historiques, merveilleux, mais cherche encore son équilibre. Mûsîqât est également à la recherche d’un nouvel équilibre.
Le premier équilibre à trouver est entre musiques traditionnelles et musiques néo-traditionnelles. Contrairement à ce qui peut paraître, la différence entre ces deux catégories n’est pas une question de nuances et ne se limite pas à un aspect formel. Même si elles sont difficiles à cerner, ces deux catégories se distinguent par la nature de leurs musiciens, par leurs repères esthétiques, par les modalités de leur production, et sans aucun doute, par leur public-cible.
Ces deux aspects des musiques traditionnelles forment le principal défit que Mûsîqât doit gagner. En cherchant à promouvoir des musiques comme le Mjarrad de Sidi Bou Said, tenir à faire découvrir des instruments rares, comme l’arghûl égyptien, ou à faire découvrir des cultures musicales aussi éloignées — géographiquement et esthétiquement — que celle des Fakhirs de Ghorbanga, Mûsîqât 2011 prend des risques… Mais, Mûsîqât mise sur son public : un public ouvert, avide de moments intenses, et surtout, de découvertes… Ensuite, Mûsîqât 2011 expérimente. Mis à part le palais Ennejma Ezzahra et sa cour intérieure, lieu de toutes les rencontres, Mûsîqât voudrait s’ouvrir à un public encore plus large et toucher plus de personnes. Deux nouveaux endroits ont été programmé pour cette édition : l’Acropolium de Carthage et le Théâtre de Tunis. Nous avons également l’intention d’intégrer d’autres espaces pour les prochaines éditions. Mais « s’ouvrir » c’est aussi un risque. Pour s’adresser, dans le cadre d’une même manifestation, à un public restreint, extrêmement rattaché à l’originalité, et un public large, cible favorite de la « popular music », c’est un deuxième défi qui se présente, et un deuxième équilibre à trouver.
C’est certain, Mûsîqât prend un nouveau chemin dans cette nouvelle Tunisie. Souhaitons-lui un avenir encore plus prospère !