Troisième lieu, possibilité de « survivance »…
Deux points du vue tracent une « ligne de vue », et projettent un horizon qu’on contemple. Deux points du vue tracent une « ligne de vue », et projettent un horizon qu’on contemple.
Une « ligne de vue » retracerait, de là, les fondements même d’une conversation. Une conversation étant construction pure, effacement de l’interlocuteur au profit de l’éclosion de l’idée, une discussion étant pure débat, confrontation et affrontement… Artistiquement on ne travaille jamais à deux, on travaille entre les deux ; point d’arbres mais toujours de l’herbe, poussant avec fierté au milieu, un interstice, une clairière, une vallée verdoyante à l’horizon, un espace plein de valeurs inédites, en perpétuel devenir…
Une pratique artistique dépourvue de contraintes demeure une pratique aveugle, faussement libre. Si nous réalisons notre œuvre à deux, l’autre ne devient-il pas contrainte ? A en croire Paul Valéry lorsqu’il dit, « L’art vit de contraintes, et meurt de liberté », une pratique artistique qui soit confrontée à une contrainte « vivante » serait une survivance, une vie « doublée ».
Rien ne nous empêche de se familiariser, à cet égard, avec ce que serait l’idée d’une histoire de l’art écrite à deux ; que serait une histoire de l’art écrite à deux, si ce n’est une prose finalement aboutie de nos passions et de nos désaccords ? Prose qui dépasserait la tyrannie quelquefois rigide des mots, pour piétiner dans le plastique. Ainsi, peut-être que le discours se réclamant le plus crédible sur l’art serait-il, en quelque sorte, l’art lui-même…
Travailler à deux implique indéniablement une orchestration, un arrangement de deux instruments en une mélodie unique et dédoublée. C’est pour cela qu’il est plus sage de situer ce genre d’expérience dans un souci d’éthique pratique, quelque chose qui serait de l’ordre d’une esthétique de l’agir. De là, une des valeurs humaines les plus nobles s’impose, abîmée qu’elle est par l’usage abusif qu’en fait le discours ambiant : l’Amitié, l’art de l’échange inter-subjectif, qui aspire à un « devenir-autre ».
Libéré de tout fardeau historique, le « troisième lieu » est un lieu « sans histoire » , rebelle à toute tentation de l’« actuel » et du présent. Un horizon où les nuages affectés de la teinte vespérale déploient un être androgynique qui jette les charges de l’histoire dans l’océan, pour danser avec grâce et légèreté dans le firmament
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