
Oui, oui, on va procéder par étape. D’abord, quand je parle de la France mon pays de reconnaissance ; c’est à travers mon métier, j’ai eu cette chance d’avoir cette reconnaissance,
même si je suis récompensé par un Molière, une
récompense officielle. Mais la reconnaissance du public, et plus importante, et quand je parle de reconnaissance c’est à ce niveau-là, maintenant, effectivement, ce n’est pas parce que Smaïn est reconnu et a eu un Molière que cela évacue tous les problèmes. Je ne suis pas médecin, je ne suis qu’un observateur du quotidien. En fin de compte, à travers mes sketchs, j’ai envie d’être le miroir de la société. Je ne suis pas là pour apporter des solutions, je ne fais pas de la politique, je suis
plus, comment dire, un élément de l’assiduité, de la réflexion à travers mes sketchs, plutôt que
créer la polémique, je crée l’opposition. Alors, maintenant, effectivement, il y a des jeunes qui sont dans le désarroi, mais il n’y a pas que ça, ils ne sont pas tous dans le désarroi, il y a une majorité qui travaille, ils ont eu la reconnaissance, en tous les cas ils sont bien présents dans la société française et ils sont heureux d’être français. Je ne veux pas parler uniquement des banlieues, il y a des gens qui bougent, ils sont à Paris, heureux d’appartenir à une communauté ; ils sont avocats, médecins… On parle toujours plus des minorités, qui font plus
de bruits, ils peuvent avoir des torts, c’est sûr… C’était une erreur politique de ghettoïsation,
après la guerre, on a parqué tous les étrangers, tous les immigrés, tout autour de Paris, ce qu’on appelait la zone rouge. Voilà, moi j’ai eu une autre
chance, une chance qui était primordiale pour moi, c’est que je n’ai pas vécu dans ces ghettos, il ne faut pas avoir peur de dire cela. Oui, c’est des ghettos… Voilà !!