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Mon enfant à l'école, et s'il se sentait exclus?

Publié le Lundi 03 Mars 2014
Mon enfant à l'école, et s'il se sentait exclus?

Votre enfant ne vous parle jamais de ses activités scolaires, ni de ses copains. Et s'il se sentait exclus?

Harcèlement, humiliation, moquerie, exclusion,… Si la plupart des parents et des enseignants considèrent ces comportements comme des gamineries innocentes, pour les enfants qui en sont victimes, la réalité est tout autre. Enfermés dans la honte, ils s'enfoncent chaque jour un peu plus dans la souffrance, la solitude et l'incompréhension.

Le mal-être à l'école: Un problème réel!

S'il est vrai que l'école consiste avant tout à éduquer et à instruire, elle doit également proposer un accueil sécurisant aux enfants. Or, quand ce dernier se plaint de douleurs au ventre, qu'il refuse de se lever le matin, qu'il pleure durant tout le trajet qui le mène à l'école, qu'il passe sous silence ses activités scolaires, etc., la question de l'intégration scolaire doit être posée. En d'autres termes, il est primordial de ne pas oublier que l'éducation scolaire a aussi comme obligation d'enseigner aux enfants le respect et l'acceptation de l'autre. Lorsque ce principe n'est pas mis en avant par les enseignants et, à fortiori par les parents eux-mêmes, beaucoup enfants se retrouvent victimes de violences physiques et/ou verbales répétées de la part d'autres élèves, dans l'enceinte de l'école. Loin d'être sans conséquences, ces différentes formes de dénigrements ont une influence négative sur l'enfant et sur la perception qu'il a de lui-même: « Quand j'étais enfant, on se moquait de moi parce que je portais un appareil dentaire. J'avais tellement honte que je refusais d'ouvrir la bouche même quand la maîtresse m'interrogeait, ce qui m'a valu des mauvaises notes et de multiples punitions!» Face à la passivité des adultes, un enfant qui ne sait pas se défendre devient vite le souffre-douleur de sa classe. Encouragés par l'indifférence voire la complicité des autres enfants, les agresseurs se sentent plus forts, et puisque rien ne s'oppose à leur méchanceté, ils continuent sans relâche. Sans règles de la vie en société, une bousculade dans un couloir peut rapidement évoluer en un vol de goûter pendant la récréation, ou à une vidéo faite à l'insu de l'enfant. Si pour certains parents et enseignants, ces gestes ne constituent que de petits délits sans gravité, sur l'échelle du respect d'autrui, ils représentent une atteinte au corps, à la pudeur et à l'image de soi. En exposant l'enfant à un jugement péjoratif, ils le traumatisent et le plongent dans une angoissante relation à l'autre sans foi ni loi. Bien que ces actes de violences verbales et/ou physiques répétées soient graves pour l'enfant qui en est victime, ils le sont aussi pour l'enfant agresseur, en ce sens où sa cruauté peut le faire basculer plus tard dans une délinquance bien plus à risques!

Portrait-robot de l'enfant victime:

Quand un enfant est perçu comme différent, il est souvent étiqueté, exclu, voire malmené par un ou plusieurs élèves de sa classe. Sans le soutien de l'enseignant, son statut de bouc-émissaire le confronte à toutes sortes de méchancetés et de discriminations. Au fil des années, cette mise à l'écart cause une perte de confiance, pouvant s‘exprimer par le refus d'aller à l'école et/ou de faire ses devoirs. Sans repères, ni soutien, l'enfant finit par coller son comportement à l'image réductrice de ses bourreaux: «Lorsque j'étais enfant, les élèves de ma classe me répétaient sans cesse que j'étais nul. J'y ai tellement cru, que j'ai fini par m'en convaincre!» En menaçant la construction identitaire de l'enfant, les paroles blessantes l'enferment dans une souffrance psychologique difficile à verbaliser. Or, plus l'enfant garde en lui son mal-être, plus celui-ci le fragilise et le rend vulnérable. Avec le temps, l'enfant déconsidéré, déprécié et non respecté se construit avec le sentiment d'être différent des autres, et de ne pas être aussi bien et aussi fort qu'eux. Lorsque ce mode de pensées se met en place, l'enfant est pris dans un véritable cercle vicieux: plus il est persécuté, plus il s'enferme dans son impuissance, moins il se défend et plus ses agresseurs le maltraitent, ce qui renforce son sentiment de honte. La crainte d'avoir à subir les représailles de ses bourreaux le place dans une ambivalence insupportable: s'il se confie aux adultes, il risque d'être perçu comme le bébé à ses parents ou pire comme une balance. Selon le degré de fragilité de l'enfant, le sentiment de culpabilité éprouvé peut bloquer son développement affectif et psychique. Certains développent des phobies scolaires pouvant fragiliser leur santé: «J'ai tellement stressé à cause de la méchanceté des élèves de ma classe et des réprimandes de ma maîtresse, que j'ai fini par tomber malade. Aujourd'hui, adulte je continue à avoir beaucoup de problèmes de santé!»

Comment aider un enfant en souffrance?

L'école est un milieu important pour un enfant. Il y passe le plus clair de son temps, et y fait l'expérience des relations humaines. Lorsque le rapport à l'autre se découvre dans de bonnes conditions, l'école devient un endroit où l'enfant prend plaisir à aller. Dans le cas contraire, il exprimera son mal-être aux travers de maux réels ou imaginaires: «J'ai trop mal au ventre, je ne peux pas aller à l'école aujourd'hui!» Dans les cas plus graves, le mal-être éprouvé par l'enfant pourra évoluer en stress ou en dépression. Si votre enfant n'invite jamais ses copains à la maison, s'il se tient toujours à l'écart des autres enfants quand vous venez le chercher, s'il refuse de vous parler de ses journées à l'école, s'il a du mal à s'endormir le soir, c'est peut-être sa façon à lui de vous signifier qu'il n'est pas heureux dans son école. Pour éviter que la souffrance de votre enfant puisse avoir un impact négatif sur sa confiance et ses résultats scolaires, il est vital d'agir. Mais comment le faire sans empirer les choses pour lui? Sachant qu'il s'agit d'un phénomène de groupe, l'intervention de l'enseignant pourra s'avérer un précieux atout, à condition qu'elle se fasse sans heurt si pression. La mise en place d'un jeu de rôles ou l'organisation d'un temps de parole autour de l'exclusion, sans citer les élèves concernés, permettrait aux enfants d'exprimer leurs craintes et leurs blessures sans être jugés, ni moqués. Ce partage d'émotions allié à des cours civiques favoriserait la confiance et l'empathie. S'il est vrai que ce type d'intervention est difficile à organiser à l'école, où l'accent est trop souvent mis sur les connaissances à acquérir, n'hésitez pas à la proposer en dehors du cadre scolaire, en sollicitant si possible l'aide des autres parents. En aidant vos enfants à identifier leurs forces et leurs émotions positives, en les encourageant à comprendre l'importance du soutien social, vous valoriserez leur bien-être psychologique, qui est indissociable d'un apprentissage réussi!

Avis de Cécile Chane psychologue:

Au début de la vie, le bébé se fantasme comme tout puissant face à sa mère, qu'il imagine maitriser, tant celle-ci semble répondre magiquement à tous ses besoins. En grandissant, en s'individualisant, il réalise, non sans difficulté d'ailleurs, qu'il doit renoncer à ce supposé pouvoir. Il est alors confronté aux limites imposées par cet autre, à qui il doit maintenant obéir. Mais ce renoncement à l'omnipotence ne se fait pas si facilement.
Avec l'entrée à l'école, l'enfant est confronté à la relation à l'autre, «égal», du même âge que lui. La socialisation passe automatiquement par le rapport de force, car chacun a besoin de se situer vis-à-vis de l'autre, et c'est normal!
Mais attention, pour certains, le besoin de maitrise, le plaisir d'exercer encore un certain pouvoir sur l'autre sera plus important que pour d'autres. Ces enfants vont alors essayer de «régner» en petits despotes et trouver parmi leurs camarades celui qui deviendra leur bouc émissaire et fera leurs réputations de «durs» de l'école.
Parce qu'il semble plus fragile, ou plus réservé, moins bagarreur, plus docile ou tout simplement différent, cet enfant risque alors de subir un véritable harcèlement.
L'école, dans sa dimension socialisante, doit évidemment poser un cadre qui préserve le respect d'autrui et un règlement qui interdit de lui porter atteinte. Mais personne n'est infaillible et quelquefois on ne voit pas, ou on ne prend par la mesure de ce qui se passe entre élèves. La vigilance doit être de mise, car ces enfants peuvent être maltraités et les conséquences, désastreuses.
Les parents ont aussi un rôle important dans l'écoute et le repérage des signes de mal être de leurs enfants. Les maux de ventre ou le refus de partir le matin doivent être considérés comme de potentiels symptômes d'angoisses qui sont à prendre sérieusement en compte. Ils doivent, en collaboration étroite avec l'école, protéger leur enfant.
Généralement, ces enfants «victimes» sont peu confiants et ne se considèrent pas capables de se défendre. Leur souffrance est grande et leur personnalité peut en être profondément marquée.
Ils peuvent développer une phobie scolaire, d'où la nécessité de réagir précocement à ce genre de situation. La pratique d'un sport martial comme l'aïkido est très profitable, car il renforce la confiance de l'enfant et lui permet d'apprendre à se défendre.
Si les symptômes persistent, une prise en charge psychothérapique sera nécessaire.

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