Accueil » Psycho » Enfant

Comment faire face à un enfant fugueur?

Par L.B | Publié le Lundi 01 Septembre 2014
Comment faire face à un enfant fugueur?

Votre enfant n’est toujours pas rentré à la maison, malgré l’heure tardive. Vous l’appelez sans succès. Et s’il avait fugué?

La fugue d’un enfant n’est ni un caprice ni un plaisir. D’après les spécialistes, elle correspond davantage à un message destiné aux parents, ou du moins à ceux qui représentent l’autorité parentale au sein de la famille. Qu’elle soit préméditée ou spontanée, il est important d’en comprendre les mécanismes, pour pouvoir la régler une bonne fois pour toute!

Qu’est-ce qui pousse un enfant à fuguer?

Une fugue peut se produire à tout âge de la vie. Vécue comme un véritable choc par la famille, elle bouleverse l’ordre établi: «Mon enfant n’a jamais manqué de rien et pourtant, un jour il est parti sans rien nous dire. Nous l’avons cherché pendant une semaine, avant de le retrouver chez un ami!» Le fait de ne pas avoir remarqué que quelque chose n’allait pas chez l’enfant génère de la culpabilité, de la colère et de l’inquiétude. Pourquoi a-t-il fugué? Qu’avons-nous fait ou dit pour qu’il décide de fuir ainsi la maison? A défaut d’une explication valable, les questions et l’incompréhension poursuivent leur chemin dans le cœur des parents, des frères et sœurs, des ami(e)s, etc. Pour mieux la comprendre, il est important de différencier la fugue spontanée de la fugue préméditée. En effet, si la première est envisagée comme une échappatoire permettant au jeune de se soustraire à un face-à-face jugé trop pénible, la seconde est le fruit d’une réflexion plus approfondie. L’envie de liberté, le besoin de fuir un climat familial trop oppressant, le désir d’attirer l’attention sur une situation difficile, sont autant de raisons qui peuvent amener un jeune à fuguer. Quel qu’en soit le motif et malgré le choc auquel une fugue vous confronte, le dialogue reste le seul et unique moyen de retrouver, et de garder le contact avec votre enfant.

Un jeune fugueur est un jeune en danger:

Lorsqu’un enfant a décidé de fuguer, il le fait sans que ses parents, et parfois même, sans que ses ami(e)s ne se doutent de quoi que ce soit. Après avoir pris son petit-déjeuner en votre compagnie ou seul, l’enfant claque la porte avec la ferme intention de ne pas revenir à la maison. Si parmi les jeunes fugueurs, certains reviennent chez eux au bout de quelques heures, d’autres partent durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Qu’il s’agisse de mal être, d’un besoin d’autonomie ou d’un désir de s’affirmer, la fugue est avant tout un message que l’enfant adresse à ses parents: «A 17 ans, j’ai fugué de la maison à cause de ma mère. Je n’ai trouvé que ce moyen-là pour lui faire comprendre que sa sévérité m’étouffait, et que je n’en pouvais plus de tous ses interdits!» Entre 13 et 17 ans, âge du «personne ne me comprend et personne ne m’aime», la fugue représente une occasion d’extérioriser une souffrance et/ou une solitude trop difficile à vivre. Au regard du jeune, elle est également la plus sûre façon d’attirer l’attention des parents sur une situation en particulier: «Lorsque j’ai appris que j’étais refusée en médecine, j’ai quitté la maison pendant 3 jours. J’avais tellement peur d’avouer mon échec à mes parents qu’à ce moment-là, la fuite m’est apparue comme la seule solution à mon problème!» Pour ceux qui doutent de l’amour de leurs parents, elle équivaut à une sorte de mise à l’épreuve: «C’est précisément le jour où j’ai fugué, que j’ai réalisé à quel point mes parents m’aimaient!» S’il est vrai que les éléments déclencheurs différent d’une personne à une autre, la fugue marque une coupure dans les habitudes de vie, et dans le mode de pensée du jeune. Pour limiter les risques, il est primordial d’être attentif au comportement de votre enfant. Un soudain repli sur soi, un absentéisme scolaire inhabituel, une brutale coupure avec ses amis,… peuvent être des signes avant-coureurs!

Mon enfant a fugué: Que faire?

Si beaucoup d’enfants restent dans leur quartier pendant leur fugue, les plus fragiles et/ou les plus révoltés peuvent mettre davantage de distance entre eux et leur famille. Pour peu qu’ils tombent sous la coupe de personnes peu recommandables, et c’est la chute libre vers des excès dont il leur est difficile, pour ne pas dire impossible de sortir. Quelles que soient les raisons qui poussent votre enfant à fuguer, la panique ne doit pas aveugler votre jugement. Et pour cause, durant cette période où le temps semble suspendu, c’est votre capacité de réflexion qui va vous permettre de diriger efficacement les recherches. Une fouille minutieuse de sa chambre pourra vous donner de précieux indices, sur l’endroit où il a pu aller. Quelques coups de fil à ses ami(e)s, vous aideront à retracer ses derniers déplacements. Une discussion avec les autres membres de la famille, vous permettra de faire le point sur les éventuels changements dans son comportement. Une fois les informations réunies, vous devrez les communiquer aux autorités. Si durant la phase de recherche, votre enfant vous appelle, inutile de vous énerver, de le faire culpabiliser ou de le menacer. De telles réactions pourraient rompre le dialogue définitivement. Au mieux, exprimez-lui en toute sincérité votre souffrance, afin qu’il ne croit pas que son départ vous laisse indifférent. Après vous être assuré qu’il est en sécurité, négociez son retour à la maison. Plus il vous en apprendra sur les raisons de sa fugue, plus vous serez en mesure de lui proposer des compromis, tout en le laissant libre de les accepter ou de les refuser. Si malgré tous vos efforts, votre enfant ne souhaite pas revenir, proposez-lui au début des rendez-vous téléphoniques, afin de maintenir le contact. Vous pourrez aussi lui fixer des rendez-vous dans un lieu public. Bien qu’épisodiques, de tels contacts, vous aideront à renouer le dialogue avec votre enfant. D’ici à ce que vous retrouviez sa confiance, il n’y aura qu’un pas à faire!

Avis de Cécile Chane - Psychologue

Généralement une fugue survient lorsque la communication est rompue ou est devenue infructueuse entre le jeune et ses proches. La fugue est, en elle même, un message. Le jeune n'arrivant pas à verbaliser son mal-être, ou estimant ne pas être entendu, pose cet acte de fuite, de rupture comme seule possibilité de sortir de l'impasse relationnelle avec ses proches.
L'acte même de fuir est un moyen d'exprimer sa souffrance, et l'incompréhension qu'il ressent. C'est d'ailleurs face à cette même incompréhension que la famille se retrouve lorsqu'elle se rend compte de la fugue.
Il est rare que l'entourage anticipe une fugue. Souvent, même si les relations sont devenues difficiles, les parents n'imaginent pas que leur enfant puisse passer à l'acte.
Pour prévenir une fugue, il faut être attentif aux signes précurseurs du malaise du jeune (absentéisme scolaire, chute des résultats, isolement inhabituel, colères excessives...), et surtout aux signes relatifs à une rupture de la communication (refus total de parler, de répondre à la moindre question, repli sur soi, indifférence ou bien sur-réactivité à toute parole).
L'adolescence est une période ou tous ces signes sont plus ou moins présents, mais ce sont la conjoncture et l'intensité de ceux là qui doivent alerter les parents.
Lorsque la communication est rompue, le mieux est de tenter la médiation avec un tiers. Que ce soit un membre de la famille ou un ami, ce qui compte sera son impartialité afin de permettre aux deux parties, de reconnaître leurs responsabilités dans le blocage, puis de renouer le dialogue par son intermédiaire. Si cela ne fonctionne pas, c'est avec un professionnel qu'il faudra essayer de dépasser la crise.
Même si son intention première est d'échapper à «l'emprise» de ses parents sur lui, qu'il ressent comme invalidante, il n’empêche que le jeune fugueur se retrouve inexorablement en situation de danger. Danger physique quelquefois, mais danger psychologique la plupart du temps, car il n'a pas anticipé «l'après» du passage à l'acte. Comment revenir, comment expliquer, comment recommencer à dialoguer...
C'est là que le rôle des parents est déterminant. C'est dans cette reprise de contact que tout va se jouer, et il ne faut pas rater l'occasion: poser des mots sur ce qu'il y a de plus difficile à exprimer, c'est à dire les affects. D’autre part, la capacité des parents à reconnaître leurs erreurs permettra au jeune de reconnaître les siennes et de reprendre la relation sur de nouvelles bases. Il doit y avoir un avant et un après la fugue, sinon, la récidive est possible avec autant de risques de dérives.

Mots clés :| Enfant fugueur | Psycho enfant |
Services
© Impressive web France 2013 - Tous droits réservés                                                                                                                               Accueil | condition générales | Plan de site | Newsletter | Contact | RSS
Tendancemag.com | Copyright © Impressive web France 2013

Devenez fan de Tendancemag.com sur