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Ados et déjà enceintes!

Par L.B | Publié le Mercredi 26 Novembre 2014
Ados et déjà enceintes!

A peine sorties de l'enfance, certaines adolescentes se trouvent confrontées à une grossesse qui bouleverse tout!

S'il n'y a pas de portrait type des ados enceintes, elles ont tout de même un point en commun: leur hésitation voire leur répugnance, pour certaines d'entre elles, à utiliser des moyens de contraception adaptés. Or, sans une protection fiable, le risque de tomber enceinte devient vite une réalité. Au-delà du choc, l'annonce d'une grossesse précoce implique des décisions traumatisantes pour les ados et leur famille!

La maternité précoce

Alors qu'ils sont encore au lycée, qu'ils vivent chez leurs parents, et qu'ils peinent à trouver leur place au sein d'une société qui ne leur donne aucun statut bien défini, les adolescents avancent chaque jour en terrain miné.
Et pour cause, si à la préadolescence il est rassurant de voir les enfants se tenir par la main tout en se regardant dans le blanc des yeux, à l'adolescence le besoin d'être en couple génère des pulsions que les ados ont bien du mal à contenir. Bien loin de la crise de l'adolescence qui met les familles en effervescence tant par sa violence que par sa durée, le besoin de s'affranchir de l'autorité parentale pour vivre ses propres expériences les confronte à un danger, dont ils ne mesurent pas toujours les conséquences sur le long terme: la grossesse!
A cet âge critique où filles et garçons se jettent à corps perdu dans des ébats amoureux boostés par leurs hormones, la question de la contraception est souvent passée sous silence. Inconscients des risques encourus, un grand nombre d'entre eux se trouvent face à une grossesse, dont les répercussions varient selon l'âge et l'appartenance sociale de l'adolescent. En effet, si les jeunes-filles issues de familles aisées peuvent plus facilement mettre un terme à une grossesse non désirée ou élever leur bébé lorsque celle-ci est trop avancée pour être interrompue, celles qui appartiennent à des milieux défavorisés et qui ne bénéficient pas du soutien de leur famille n'ont d'autre choix que de devenir filles-mères. Contraintes d'abandonner leur adolescence pour une vie d'adulte, elles se retrouvent face à des responsabilités qu'elles n'ont ni l'âge ni la force d'assumer psychologiquement et financièrement. Inconscientes des difficultés matérielles qui les attendent, leur nouveau statut de fille-mère génère son lot de solitude, d'isolement, d'exclusion et de stress.

Ados enceintes: et après?

A une époque où les moyens de contraception envahissent les rayons des grandes surfaces et des pharmacies, il faut être totalement irresponsable pour tomber enceinte! Tel est le portrait que la société tend à dresser des adolescentes qui ont sauté le pas sans avoir eu recours à une contraception: «lors de mon premier rapport sexuel, mon copain n'a pas utilisé de préservatif. Six semaines après j'ai découvert que j'étais enceinte!»
Passé le choc, la confirmation d'une grossesse plonge les adolescentes dans un abîme d'angoisses et de solitude. Pour ne pas être confrontées à cette dure réalité, certaines choisissent le déni, comme si le fait d'ignorer leur grossesse avait le pouvoir d'en annuler les effets sur leur vie.
Quels que soient leurs efforts pour cacher leur état, la réalité reprend ses droits et le fait de voir leur ventre s'arrondir de jour en jour entraine les jeunes filles dans un tourbillon d'hésitation, de questionnements, de peurs et de culpabilités. Lorsque les parents se rendent compte de leur grossesse, elles doivent faire face à des réactions familiales chaotiques mêlées de colère, d'incompréhension et de déception. En société, il leur faut également assumer les regards inquisiteurs et les moqueries des autres ados, ainsi que les paroles blessantes de parfaits inconnus. Sans oublier le désinvestissement du père qui choisit le plus souvent d'abandonner la future maman à son sort! à cet âge critique où toutes les pensées sont gouvernées par le désir de réussir sa vie personnelle et professionnelle, la grossesse précoce remet en question l'ordre établi. à défaut du soutien moral et financier de leur famille, les adolescentes se voient contraintes de poursuivre une grossesse non désirée, avec tout ce que cela implique comme sacrifices et non-dits. Celles qui ont la possibilité d'y mettre un terme devront vivre avec le souvenir d'avoir pris une décision douloureuse sur le plan moral et affectif. Qu'elle soit voulue ou imposée, la décision de mettre un terme ou de poursuivre une grossesse précoce constitue une épreuve douloureuse, un choc émotionnel dont la brutale survenue remet en question les croyances, les convictions et les acquis sur lesquels parents et ados s'appuyaient pour avancer dans la vie!

Un lien familial rompu

Apprendre que sa fille de 14, 15 ou 16 ans est enceinte est une situation traumatisante pour les parents. Comment pourrait-il en être autrement d'ailleurs, car dans l'esprit d'un adulte l'adolescence est un âge où la personnalité de l'enfant est en pleine construction. Alors qu'ils projetaient tous leurs espoirs sur leur fille, l'annonce d'une grossesse remet tout en question. Au-delà des rêves brisés et des espoirs déçus, c'est surtout la perte de confiance qui ébranle l'équilibre familial. Les parents qui ont le plus de mal à faire face à la nouvelle tendent à se rejeter mutuellement la faute: «le jour où notre fille de 16 ans nous a annoncé qu'elle était enceinte, mon mari s'est retourné contre moi. Dans son esprit j'étais la seule responsable, puisque c'était à moi qu'incombait son éducation. De mon côté, je lui reprochais son absence!» Confrontée à une souffrance et à une déception dont ils sont incapables de mesurer la profondeur, la réaction des parents est imprévisible. Si certains parviennent à dissimuler leur désarroi sous une attitude empreinte de rigidité, d'autres laissent libre cours à leur panique. Quelle que soit l'attitude adoptée par les parents, elle n'est rien en comparaison des questions qui se bousculent dans leur tête et qui les confrontent à des émotions sur lesquelles ils n'ont aucun pouvoir de décision. Si l'échec scolaire, les produits illicites et les fugues sont envisagés comme des situations à haut risque pour les ados, la grossesse constitue un danger tout aussi réel. Symptomatique d'une société en pleine mutation, la grossesse précoce est une réalité que parents et adolescents doivent intégrer à leur système de pensée et de valeurs. Refuser d'en parler constitue un frein pour les adolescentes en quête de repères et de limites. Pour éviter d'y être confronté un jour, abordez franchement le sujet avec votre adolescente.
Expliquez-lui l'importance de la contraception, quitte à lui prendre rendez-vous chez votre médecin traitant, afin qu'elle saisisse tous les dangers liés aux rapports sexuels non protégés (maladies sexuellement transmissibles, grossesse).
La prévention étant votre meilleur atout, construisez avec votre ado un espace de parole où il se sentira écouté, entendu et où il aura sa place!

Avis du spécialiste

Même si les parents ont souvent beaucoup de mal à le concevoir, l'entrée de leur enfant dans l'adolescence inaugure leur entrée dans la sexualité adulte. Si jusque là, certains ont pu faire comme si leur enfant n'en avait pas (ce qui est faux!), continuer à nier cette réalité équivaut à laisser leur adolescent se débrouiller seul face à cet inconnu qu'est la sexualité. A la fois effrayé, et désireux de vivre des expériences, l'adolescent est perturbé, lorsque ses hormones s'imposent à lui. Sans réelles connaissances, il peut se laisser aller et agir sans réfléchir, prenant des risques qu'il ne soupçonne souvent pas. Parler de la sexualité à ses enfants devenus de jeunes ados me semble être la meilleure des préventions, non seulement pour éviter d'éventuelles grossesses, mais aussi pour se prémunir face aux maladies sexuellement transmissibles et au-delà encore, pour se rassurer quant à la sexualité en général. Sans le vis-à-vis d'un adulte de confiance, l'adolescent, curieux d'en savoir plus, cherche sur internet, et voit ce qu'il pense être la sexualité. Il se retrouve, alors, confronté à des images pornographiques choquantes et angoissantes, lui donnant une fausse idée de la vie sexuelle, bien loin de la réalité. L'insouciance adolescente et l'illusion que rien ne peut leur arriver, poussent certains à passer à l'acte, sans protection. Si, là non plus, il ou elle n'en parle à personne, par honte ou culpabilité, le risque, absolument pas mesuré, ne peut être réduit (Utilisation d'une «pilule du lendemain» par exemple).
Et lorsqu'une grossesse se déclare, là, c'est la panique totale, ou le dénie, ou les deux! L'impossibilité de faire face à cette réalité de certaines adolescentes, qui n'arrivent pas à réagir, va quelquefois les amener à dénier le problème. Mais, bientôt les symptômes d'une immense angoisse apparaissent, et c'est souvent face à la somatisation que les parents s'alarment. Là, la vérité éclate et c'est un choc pour tout le monde! Toutes sortes de sentiments explosent, culpabilité, colère, déception, tristesse, peur…que ce soit chez l'adolescente ou chez les parents. Sauf qu'après le choc, il faut pouvoir réagir, vite, dans l'intérêt premier de l'ado, et toutes les possibilités doivent être envisagées.
Mais, quoiqu'il se passe (IVG, continuation de la grossesse en élevant l'enfant ou en le confiant à une institution), une grossesse à l'adolescence est une expérience extrêmement marquante, difficile à vivre et à assumer. La prévention par l'échange et le dialogue, même si cela parait difficile au départ, n'est rien, à coté des conséquences du silence!

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