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Pourquoi est-ce si difficile de rompre?

Par L.B | Publié le Mardi 18 Novembre 2014
Pourquoi est-ce si difficile de rompre?

Bien que l'amour s'en soit allé, certaines personnes ont beaucoup de mal à mettre fin à leur relation amoureuse!

Que ce soit par peur de la solitude, par manque de courage ou par crainte de faire du mal, la décision de rompre implique des changements difficiles à accepter tant pour soi-moi-même, que pour l'autre. Quelles que soient les raisons qui empêchent de partir, les séparations sont pourtant des étapes nécessaires à un nouveau départ!

La souffrance de la séparation:

Lorsque deux personnes décident d'unir leur vie, l'idée qu'un jour l'une des deux puissent vouloir quitter l'autre est tout simplement impensable, voire inimaginable! Et pour cause, en comblant nos besoins les plus profonds, l'amour nous pousse à croire en l'autre et à nous projeter sur le long terme. L'amour est aussi source de force et de motivation pour soi-même et pour l'autre: «Le jour où j'ai rencontré ma femme, j'ai eu enfin le courage d'aller jusqu'au bout de mes rêves et de mes envies!» Lorsque ce sentiment si cher à nos cœurs n'est plus partagé, on se sent amputé, spolié, perdu et désœuvré.
S'il est vrai que l'éloignement met fin à une situation qui n'était plus synonyme de bonheur, sa survenue progressive ou brutale représente une étape douloureuse, puisqu'elle nous prive d'un être cher: «Lorsque mon mari m'a annoncé qu'il me quittait, j'ai senti le sol se dérober sous mes pieds. La pensée de me retrouver seule m'a tout simplement anéantie!» Plus les années passent, plus la décision de partir demande du courage. L'idée de blesser l'autre, de passer pour le méchant, de briser une famille et de faire face à l'incompréhension des proches constituent des blocages émotionnels importants. Sans oublier les habitudes de la vie à deux qui sécurisent et fortifient les repères. Alors qu'on pensait avoir pris sa décision, les doutes refont surface et le désir de quitter un environnement connu pour un avenir incertain laissent place à la résignation: «J'ai attendu trois ans avant d'avoir le courage d'annoncer à mon mari que je le quittais. Chaque fois que je me sentais prête, la peur de l'inconnu me paralysait et faisait faiblir ma volonté!» En provoquant une profonde remise en question, la perspective de la séparation met face à des craintes existentielles plus ou moins bien vécues selon l'enfance et le vécu amoureux. Parce que nous ne sommes pas tous égaux face à la séparation, il est primordial de bien gérer la culpabilité pour pouvoir passer du «nous» au «je» sans être obligé de se couper de soi-même!

Les «fausses» raisons de rester:

A l'adolescence, ce qui rend la séparation difficile c'est surtout le magma émotionnel qui crée une sorte de fusion entre les filles et les garçons. Sans oublier l'inexpérience de l'amour qui pousse les ados à croire que sans l'autre, ils ne seront plus jamais capables d'aimer de la même manière. La perspective d'avancer seuls les terrifie et génère beaucoup de souffrance.
Une fois adulte, on pourrait penser que la maturité et l'expérience de la séparation rendent les choses plus faciles et pourtant ce n'est pas le cas, car plus la personne s'est investie dans le couple, plus il lui est difficile d'en admettre l'échec.
Le sentiment de culpabilité constitue également un obstacle de taille, car s'il est plus «facile» d'endosser le rôle de la victime, le fait de passer pour le méchant de service est plus lourd à porter: «Une fois que j'ai obtenu le divorce, tous mes amis et certains de mes proches se sont détournés de moi. Même mes enfants ne me regardaient plus de la même façon!» La peur de provoquer un drame familial conduit également à ne rien faire, surtout quand le conjoint ne se sent pas prêt à faire face à toutes les conséquences que sa décision implique: «Si je n'ai pas quitté mon mari c'est à cause de nos enfants. Ils étaient en pleine crise d'adolescence et j'ai craint d'empirer les choses pour eux en partant!»
Les couples qui se sont beaucoup investis sur le plan matériel choisissent aussi la sécurité à l'inconnu. Et pour cause, un divorce implique de réviser le montant des biens et d'avoir à partager avec l'autre le fruit de son travail. Loin d'être égoïste, cette attitude témoigne surtout de l'impuissance à faire face à des situations, dont il est impossible de prévoir l'issue: «Depuis mon mariage j'ai atteint un niveau de vie qui me donne accès à beaucoup d'avantages matériels et financiers. Les perdre m'obligerait à revenir à une époque de ma vie où les choses étaient plus difficiles pour moi. Je ne m'en sens pas le courage!» Si le fait de vouloir partir sans tout saccager est impossible, rester pour de mauvaises raisons ne rend personne heureux non plus!

Rebondir après une séparation:

Lorsque les thérapies de couple n'ont rien donnée et que la violence verbale ou l'indifférence domine, le moment est venu d'accepter l'idée qu'il n'y a plus rien à sauver! Si douloureuse qu'elle soit, cette pensée est pourtant incontournable, voire inévitable selon l'état de souffrance du couple.
Si le fait de se retrouver seul face à soi-même fragilise l'estime de soi, cela oblige aussi à une remise en question, dont les bénéfices dépendent de la volonté des conjoints à accepter le sentiment d'échec, la culpabilité, la peur du vide, la déception,…
Pour encaisser la séparation, le conjoint abandonné doit prendre le temps de panser ses blessures. Cette étape, qui s'assimile à un deuil est essentielle, car elle va l'aider à dépasser sa colère et à mieux accepter les raisons qui ont amené son couple à la rupture. Une fois la douleur apaisée, la séparation permet de reprendre contact avec soi-même et à être plus autonome sur le plan émotionnel. Et s'il est vrai que la peur de souffrir à nouveau empêche d'aller vers les autres, un jour les attentes amoureuses se font plus pressantes et laissent croire qu'une nouvelle relation est possible, et que cette fois-ci, elle apportera plus d'équilibre et de foi en l'amour: «Quand mon mari est parti, j'étais remplie de haine et de colère. Quand j'ai compris que celui des deux qui souffrait le plus c'était moi, j'ai décidé d'agir et de reprendre ma vie en main!»
Pour le conjoint qui est parti, la situation est différente, car les questionnements et les mécanismes du deuil se sont mis en place bien avant son départ. Si la séparation correspond à ce que le conjoint désirait, le plus difficile pour lui c'est de rétablir le dialogue avec son ex, ses enfants, ses proches et avec ses amis: «Quand j'ai divorcé de mon mari, mes enfants ne voulaient plus me voir, j'ai dû batailler dur pour qu'ils aient à nouveau confiance en moi!»
Bien qu'elle soit vécue différemment, une séparation demande du temps pour faire la paix avec ses émotions et se réconcilier avec soi-même. Les conjoints qui ne parviennent pas à l'accepter et à la dépasser tendent à s'identifier à l'échec de leur couple, ce qui les maintient dans un état émotionnel chaotique. Il va s'en dire qu'en pareille situation, le pardon est impossible et le désir de s'ouvrir vers l'extérieur est fortement compromis!

Un break peut-il sauver un couple?

Avec le temps, certains couples ont l'impression d'étouffer. Lorsque la perte d'identité des conjoints déstabilise l'harmonie conjugale, le break est souvent envisagé comme une solution permettant un nouveau départ à deux. Si cette période de réflexion en solo aide à faire le point sur les désirs, les besoins et les attentes de chacun, elle peut aussi cacher d'autres motivations comme d'habituer l'autre partenaire à la rupture. Lorsqu'un break se résume à un constat d'échecs ou qu'il sert d'exutoire à toutes sortes de jérémiades, les chances de ranimer la flamme s'amenuisent, et force est de constater que les couples englués dans les reproches finissent par rompre définitivement. Pour être constructif sur le plan amoureux, un break doit permette aux conjoints de tester leur capacité d'autonomie pour mieux juger de leur attachement sentimental à l'autre. Il doit aussi leur donner l'occasion de se réconcilier avec leurs aspirations profondes pour être capable de dépasser les doutes, les déceptions et les frustrations qui menacent l'équilibre de la relation. En aménageant un espace neutre ouvert à tous les possibles ainsi qu'à toutes les harmonies, un break apprend aux deux conjoints à vivre ensemble tout en respectant les différences, le rythme et les choix de chacun.

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