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L’arthrose... Pourquoi ça fait mal ?

Publié le Mardi 14 Décembre 2010

L’arthrose est la maladie rhumatismale responsable du plus grand nombre de handicaps dans le monde et qui se caractérise par l’usure du cartilage articulaire, provoquant douleurs, raideurs ou blocages. Mais loin d’être une fatalité, il est aujourd’hui possible de la soigner. Le point sur cette maladie douloureuse.


Genou, hanche, main, colonne vertèbrale….. nos articulations nous rendent toutes les misères que nous leur faisons subir. L’arthrose est une maladie dont la fréquence augmente avec l’âge. Elle présente de nos jours un problème de santé publique en raison du veillissement de la population, touchant en moyenne une personne sur deux après 50 ans et plus de 80% des plus de 80 ans !En Tunisie, près de 30% des sujets de plus de 40 ans présentent une arthrose des genoux (gonarthrose) et 7% une arthrose de la hanche (coxarthrose).

 

Une usure des cartilages

L’arthrose se définit comme une maladie du cartilage (chondropathie) mais peut atteindre toute l’articulation. Elle peut être causée par une anomalie qui siège dans le voisinage du cartilage et après une lésion de ce dernier (arthrose secondaire) ; l’exemple le plus révélateur est celui des lésions des ligaments croisés ou du ménisque qui surviennent chez le jeune sportif.

A l’inverse, l’arthrose peut être causée par une anomalie qui siège dans le cartilage (cartilage anormal, pressions normales). On parle alors d’arthrose primitive. Plus concrètement, une articulation est composée d’extrémités osseuses recouvertes de cartilage qui les enveloppent comme une coquille. Elles sont tenues les unes aux autres par une enveloppe (capsule) et des attaches (ligaments). La face interne de la capsule est recouverte d’une membrane appelée la synoviale qui fabrique le liquide articulaire.


Ce dernier lubrifie les pièces articulaires en contact. Ainsi, le cartilage a principalement un effet amortissant, il assure le bon glissement des extrémités osseuses en raison de sa surface lisse. Lorsqu’un patient souffre d’arthrose, cela signifie que le cartilage s’est abîmé pour des raisons diverses. Sa surface devient rugueuse, il peut se fissurer voire disparaitre. Le problème ? Un cartilage détruit ne se régénère pas puisqu’il n’est ni vascularisé ni innervé.

 

La maladie des vieux?

Oui et non, car si l’arthrose est effectivement favorisée par le vieillissement, elle peut aussi toucher des gens jeunes. Mais mis à part l’âge, d’autres facteurs de risque sont incriminés: - une prédisposition héréditaire (“Familles d’arthrosiques”). Certes, ce n’est pas parce que vos parents souffrent d’arthrose que vous en souffrirez automatiquement. Mais on observe un caractère héréditaire affirmé dans certaines formes d’arthrose, notamment celles des doigts et de la hanche et aujourd’hui la science est capable d’identifier le chromosome en cause.l’obésité est sans contexte un facteur de risque pour l’arthrose des membres inférieurs, de la colonne lombaire.

Il faut savoir qu’une diminution même minime du poids est bénéfique tant pour votre santé que pour votre bien-être. - D’autres facteurs tels qu’un travail physique trop intense, la pratique de c e r t a i n s sports à risque, une a n c i e n n e fracture, un trouble de la statique des m e m b r e s inférieurs (jambe en O ou en X) ou du dos peuvent contribuer au développement d’une arthrose. Enfin, et contrairement à ce que l’on pense, sachez que l’arthrose n’est pas provoquée par un climat froid et humide mais que ce dernier pourrait influencer la douleur.


Pourquoi ça fait mal ?                    


La douleur est commandée par le cerveau qui reçoit des terminaisons nerveuses l’information «quelque chose va mal quelque part». Or, il se trouve que le cartilage n’est pas innervé, donc à priori une maladie du cartilage telle que l’arthrose ne devrait pas être douloureuse. Alors, pourquoi j’ai mal, Docteur ? La douleur perçue vient plutôt de la souffrance des structures de voisinage de l’articulation : capsule, ligaments, os et particulièrement membrane synoviale.

La destruction du cartilage libère de petits fragments dans l’articulation qui entraînent une réaction synoviale et une irritation de terminaisons nerveuses. La caractéristique de la douleur de l’arthrose est qu’elle survient lors des mouvements et est soulagée par le repos. Elle peut perturber les gestes de la vie quotidienne (habillage, bricolage, jardinage, marche… ).

D’autre part, il arrive bien souvent que la douleur s’accompagne de raideur au niveau de l’articulation malade - on parle de raideur de mise en route - , de déformations et de blocages. Enfin, l’arthrose peut provoquer des inflammations articulaires, principalement au niveau des genoux et des doigts. D’autre part, sachez que certains mouvements peuvent provoquer des craquements du fait du manque d’élasticité des extrémités. Toutefois, ne vous alarmez pas car ces bruits ne sont pas forcément révélateurs de la maladie.



Comment savoir si j’ai une arthrose?

 Le diagnostic est avant tout clinique. Votre médecin, grâce à un interrogatoire et à un examen clinique, pourra faire le diagnostic d’arthrose qui sera confirmé par des examens radiographiques. Mais il est important de souligner que l'existence d'une arthrose radiologique ne veut pas obligatoirement dire "douleur" et cela est particulièrement vrai pour la colonne vertébrale. C'est ce que les médecins appellent la dissociation "radio-clinique" et il faut savoir que le médecin traite une douleur et non une radiographie anormale.


Peut-on guérir l’arthrose?

La réponse est hélas non, mais il est possible de contrôler son évolution, de soulager la douleur voire de stopper sa progression. La stratégie thérapeutique mise en place sera différente selon l’intensité de la douleur et de la gêne fonctionnelle. Elle repose sur l'association de traitements médicamenteux (traitements généraux -antalgiques - et locaux tels que les infiltrations) et de traitements non médicamenteux (rééducation, appareillage orthopédique, éducation des patients…).

Sachez que les crèmes ou gels en application sont efficaces seulement sur une articulation périphérique (genou, doigt). Lors de poussées particulièrement douloureuses et intenses, on peut avoir recours aux antiinflammatoires non stéroïdiens (AINS) mais sur une courte durée.

Aujourd’hui de nouveaux médicaments font leur apparition sur le marché. Il s‘agit d‘anti-arthrosiques à action lente (en Tunisie, deux produits sont disponibles). Outre le fait qu’ils soulagent la douleur et la raideur de l’articulation, ils évitent la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens. En cas d’inefficacité de ces traitements, une infiltration est envisageable. Elle consiste à injecter dans l'articulation des anti-inflammatoires puissants : les corticoïdes. Très utile pour passer un cap difficile, elle ne présente pas de dangers pour le c a r t i - l a g e d e l’articulation à condition de ne pas en faire plus de 3 par an pour une même articulation.

De plus, ce geste doit impérativement être réalisé par un spécialiste parfois sous c o n t r ô l e d ’ u n e image télév i s é e ( r a d i o , échographie, scanner…). Il est également possible de procéder à une injection d’acide hyaluronique, encore appelée viscosupplémentation, qui consiste à remplacer le liquide synovial de l'articulation arthrosique par un gel dont les caractéristiques sont les mêmes que celles d'un liquide articulaire sain.

Toutefois, celle-ci ne permet qu’une diminution de la douleur articulaire et l'amélioration de l'état fonctionnel de l'articulation. Les cures thermales et la kinésithérapie peuvent être aussi bénéfiques notamment pour une arthrose du genou ; elles améliorent aussi le bien-être du malade et sa qualité de vie.

Enfin, en dernier lieu et lorsque l’articulation est complètement détruite, reste la prothèse. Mais avant d’en arriver là, le médecin prend en compte le handicap quotidien, l'importance de la gêne ressentie, la raideur de l'articulation touchée car les lésions radiographiques avancées ne justifient pas à elles seules une indication de prothèse.

Vivre avec une arthrose

S’il est indéniable que l’arthrose va gêner votre vie par périodes plus ou moins longues, limitant certains mouvements et activités physiques, l’arthrose n’est pas une fatalité et on peut vivre avec. Cependant, il n’y a pas de recette « miracle » et le mot d’ordre est d’épargner votre cartilage en respectant la fatigue articulaire.

Après, il est préférable d’apprendre à vivre avec son arthrose et à chacun d’assumer à sa manière les changements occasionnés. Pour certains, ce sera la révolte, pour d’autres la résignation. C’est pourquoi bien souvent, le fait de pouvoir parler avec un médecin ou d’autres patients peut être ressenti comme une aide et contribue à trouver un nouvel équilibre.

 

Article élaboré avec le Dr Kaouther Ben Hamida, Professeur Agrégée

 

 

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